{"id":31853,"date":"2024-02-21T12:09:00","date_gmt":"2024-02-21T11:09:00","guid":{"rendered":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/?post_type=article&#038;p=31853"},"modified":"2024-09-06T16:38:48","modified_gmt":"2024-09-06T14:38:48","slug":"nous-vivons-un-autre-jour-et-que-dieu-un-village-frontiere-ukrainien-faitface-a-la-menace-dune-invasion-de-la-bielorussie","status":"publish","type":"article","link":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/article\/nous-vivons-un-autre-jour-et-que-dieu-un-village-frontiere-ukrainien-faitface-a-la-menace-dune-invasion-de-la-bielorussie\/","title":{"rendered":"Nous avons v\u00e9cu un autre jour et nous remercions Dieu\u00a0\u00bb : un village frontalier ukrainien fait face \u00e0 la menace d&rsquo;une invasion du Belarus"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/country\/belarus-en\/\">Belarus<\/a>&nbsp;aide activement&nbsp;<a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/country\/russia\/\">Russie<\/a>&nbsp;dans sa guerre contre&nbsp;<a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/country\/ukraine\/\">Ukraine<\/a>. Au tout d\u00e9but de l&rsquo;invasion \u00e0 grande \u00e9chelle, une partie des troupes russes venait du Belarus. Les premiers missiles russes \u00e0 frapper les villes ukrainiennes ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s depuis le Belarus. Les Russes se sont empar\u00e9s de certaines parties des r\u00e9gions de Kiev, Tchernihiv et Sumy, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re. La zone a ensuite \u00e9t\u00e9 reprise par les forces arm\u00e9es ukrainiennes, mais elle reste en danger. Le village frontalier de Vetly, dans la r\u00e9gion de Volyn&nbsp;<em>oblast<\/em>&#038;nbsp ;(r\u00e9gion), se trouve dans cette zone.<\/p> <p>Les Russes se sont empar\u00e9s de certaines parties de Kiev, de Tchernihiv et de Sumy.\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"892\" height=\"642\" src=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/m9oG0-en-vetly-ua--892x642.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-27641\" srcset=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/m9oG0-en-vetly-ua--892x642.png 892w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/m9oG0-en-vetly-ua--314x226.png 314w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/m9oG0-en-vetly-ua--768x552.png 768w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/m9oG0-en-vetly-ua-.png 1240w\" sizes=\"auto, (max-width: 892px) 100vw, 892px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La r\u00e9gion de Volyn est situ\u00e9e dans le nord-ouest de l&rsquo;Ukraine. Elle borde&nbsp;<a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/country\/poland\/\">la Pologne<\/a> \u00e0 l&rsquo;ouest et la r\u00e9gion de Brest en Bi\u00e9lorussie au nord.&nbsp;&nbsp;<\/p> <p>La r\u00e9gion de Volyn est situ\u00e9e au nord-ouest de l&rsquo;Ukraine.\n\n\n\n<Le village de Vetly est l'une des localit\u00e9s de ce district frontalier avec l'alli\u00e9 russe. Comment ses habitants s'adaptent-ils \u00e0 leur nouvelle vie ?\n\n\n\n<Vetly, comme toutes les autres villes et tous les villages de cette r\u00e9gion de l'Ukraine, se pr\u00e9pare constamment \u00e0 un assaut venant du territoire de l'alli\u00e9 voisin de Vladimir Poutine. Il y a de bonnes raisons \u00e0 cela. Suite \u00e0 la&nbsp;<a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/prigozhin-putin-russia-bite-feeds-you\/\">r\u00e9bellion infructueuse<\/a>&nbsp;du chef de la CPM Wagner, Evgueni Prigojine, en juin 2023,&nbsp;<a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/tag\/aleksandr-lukashenka\/\">Aleksandr Loukachenka<\/a>&nbsp;a invit\u00e9 ses mercenaires \u00e0 installer leurs camps en Bi\u00e9lorussie.<\/p> <p>Les mercenaires de la CPM Wagner se sont rendus en Bi\u00e9lorussie, o\u00f9 ils sont venus en renfort.\n\n\n\n<Fin juin 2023, le dictateur bi\u00e9lorusse a d\u00e9clar\u00e9 que \"la plupart\" des armes nucl\u00e9aires russes qu'il \u00e9tait pr\u00e9vu de transf\u00e9rer en Bi\u00e9lorussie s'y trouvaient d\u00e9j\u00e0.\n\n\n\n<Et ce, malgr\u00e9 les affirmations de Loukachenko selon lesquelles ses troupes ne constituent pas une menace pour l'Ukraine. Les exercices militaires conjoints suppos\u00e9s des deux pays permettent \u00e0 Moscou de maintenir ses troupes en Bi\u00e9lorussie, de maintenir la pression sur l'Ukraine et d'\u00e9tendre la ligne de front.\n\n\n\n<Le 1er d\u00e9cembre, le pr\u00e9sident Zelensky annonce l'acc\u00e9l\u00e9ration de la construction des fortifications d'Avdiivka \u00e0 Volyn.\n\n\n\n<Le 14 d\u00e9cembre, la Bi\u00e9lorussie a repris les exercices conjoints avec les forces arm\u00e9es russes. Les man\u0153uvres ont commenc\u00e9 le 29 avril 2022 et se d\u00e9roulent pr\u00e8s de la fronti\u00e8re ukrainienne. Elles durent maintenant depuis 86 semaines.\n\n\n\n<\/p> <p>Les habitants vivant pr\u00e8s de la fronti\u00e8re bi\u00e9lorusse disent qu&rsquo;ils entendent r\u00e9guli\u00e8rement des avions ennemis voler \u00e0 proximit\u00e9. Ils avouent avoir peur. Personne ne sait quels sont les plans de l&rsquo;ennemi.\n\n\n\n<Serhiy Naiev, commandant des forces conjointes de l'Ukraine, a soulign\u00e9 que l'arm\u00e9e ukrainienne d\u00e9fendait la fronti\u00e8re avec la Bi\u00e9lorussie. Il a ajout\u00e9 qu'en cas de menace, l'\u00e9tat-major red\u00e9ploierait les forces et les \u00e9quipements dans les zones appropri\u00e9es.<\/p> <p class=\"spip\">Les forces arm\u00e9es ukrainiennes sont en train de d\u00e9fendre la fronti\u00e8re avec le B\u00e9larus.\n\n\n\n<Vetly est le village le plus recul\u00e9 de la r\u00e9gion de Volyn. La fronti\u00e8re avec la Bi\u00e9lorussie se trouve \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres, \u00e0 travers les for\u00eats et les mar\u00e9cages.\n\n\n\n<Auparavant, la fronti\u00e8re internationale dans cette r\u00e9gion \u00e9tait quelque peu informelle. Le processus de d\u00e9marcation proprement dit n'a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9 que l'ann\u00e9e derni\u00e8re. Aujourd'hui, du c\u00f4t\u00e9 ukrainien, la fronti\u00e8re est min\u00e9e et fortifi\u00e9e par une cl\u00f4ture de barbel\u00e9s, des foss\u00e9s d\u00e9fensifs et des remparts. Des soldats assurent la s\u00e9curit\u00e9 des habitants.\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Fortification-on-the-border-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-27658\" srcset=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Fortification-on-the-border-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Fortification-on-the-border-360x203.jpg 360w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Fortification-on-the-border-768x432.jpg 768w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Fortification-on-the-border.jpg 1040w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Construction du mur \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Belarus dans la r\u00e9gion de Volyn. | Photo : Kyrylo Tymoshenko\/Telegram<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les premiers jours de la guerre \u00e0 Vetly<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<Les habitants de la r\u00e9gion disent avoir eu tr\u00e8s peur lorsque la guerre a \u00e9clat\u00e9 en f\u00e9vrier 2022. Certains sont partis, tandis que d'autres sont rest\u00e9s pour se battre.\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0Au d\u00e9but de la guerre, les habitants ont activement aid\u00e9 les militaires\u00a0\u00bb, raconte Nadiya Martyniuk, une habitante de la r\u00e9gion. \u00ab\u00a0Ils ont creus\u00e9 des tranch\u00e9es, ramass\u00e9 de la terre dans des sacs, construit des abris, particip\u00e9 \u00e0 la construction de fortifications et mis en place des postes de contr\u00f4le. Tout le monde courait dans tous les sens et aidait. Les filles fabriquaient des filets de camouflage et des bougies pour les tranch\u00e9es. Le premier jour, personne ne savait quoi faire. Les hommes ont commenc\u00e9 \u00e0 organiser une milice locale, patrouillant en groupe dans les rues la nuit pour surveiller le respect du black-out.\n\n\n\n<Valentyna Petrivna, une autre habitante, raconte : \"Aujourd'hui, nous avons un peu \u00e9volu\u00e9, mais au d\u00e9but, nous restions dans les caves et nous ne passions pas la nuit dans la maison. Nous fermions la maison et nous nous r\u00e9fugiions dans la cave au milieu de la nuit pour y dormir. Mais on ne peut pas y rester longtemps parce qu'il fait froid. Nous avions tout ce qu'il fallait. Mais je me sens quand m\u00eame diff\u00e9rent de ce qu'il \u00e9tait avant.\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Berises et champignons : un autre collat\u00e9ral de la guerre<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<Avant la guerre, de nombreux habitants de la r\u00e9gion vivaient de la vente de myrtilles et de champignons qu'ils cueillaient dans les for\u00eats. Certains clients \u00e9taient des touristes qui venaient au c\u00e9l\u00e8bre lac Bile -&nbsp;le lac blanc...<\/p> <p style=\"text-align : justify ;\">La r\u00e9gion est aussi un lieu de rencontre pour les touristes.\n\n\n\n<Le lac est situ\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re de l'Ukraine et du Belarus. Il y avait aussi ceux qui allaient travailler dans la Pologne voisine. Mais la guerre a tout chang\u00e9.\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"422\" src=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/GoOnlineTools-image-downloader-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-28534\" srcset=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/GoOnlineTools-image-downloader-2.png 1024w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/GoOnlineTools-image-downloader-2-360x148.png 360w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/GoOnlineTools-image-downloader-2-768x317.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<Nadiya Martyniuk affirme qu'aujourd'hui, tout a radicalement chang\u00e9. Les prix des baies sauvages ont chut\u00e9 et les for\u00eats sont devenues dangereuses.\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0Nous allons dans la for\u00eat pour cueillir des champignons et des baies, mais seulement l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;y a pas d&rsquo;exploitation mini\u00e8re\u00a0\u00bb, explique-t-elle. \u00ab\u00a0Les gens n&rsquo;y vont pas, ils ont peur et ne veulent pas prendre de risques. Partout o\u00f9 la for\u00eat et les maisons sont proches, nous avions l&rsquo;habitude d&rsquo;aller cueillir.\n\n\n\n<\/p> <p>Elle ajoute : \u00ab\u00a0L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, les gens ont essay\u00e9 d&rsquo;aller dans la for\u00eat pour gagner de l&rsquo;argent, mais le prix des baies n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e9lev\u00e9. Et cette ann\u00e9e, les prix \u00e9taient encore plus bas, m\u00eame si les baies \u00e9taient meilleures que l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re. Les acheteurs disent que tous les cong\u00e9lateurs sont pleins de baies de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re. Personne ne les ach\u00e8te \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, et l&rsquo;Ukraine n&rsquo;en a pas besoin d&rsquo;autant. L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, nous avons obtenu 60 hryvnias [1,44 \u20ac] pour un kilo de myrtilles. Cette ann\u00e9e, le kilo co\u00fbtait 35 hryvnias (0,85 \u20ac). Qu&rsquo;est-ce que les gens \u00e9taient cens\u00e9s faire ?\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Comment les Ukrainiens vivent dans l&rsquo;arri\u00e8re-pays<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0Nous n&rsquo;avons pas beaucoup de travail ici\u00a0\u00bb, poursuit Nadiya Martyniuk. \u00ab\u00a0Et quand la guerre a commenc\u00e9, beaucoup de jeunes sont partis, bien s\u00fbr. Certains sont revenus, d&rsquo;autres non. La plupart des habitants travaillent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Liubeshiv, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole ou dans l&rsquo;agriculture. Mais les gens ont toujours besoin d&rsquo;argent. Ils doivent emmener leurs enfants \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, les habiller. Et maintenant, c&rsquo;est l&rsquo;hiver. O\u00f9 peut-on gagner de l&rsquo;argent ? Alors les gens vont dans la for\u00eat en \u00e9t\u00e9. Beaucoup d&rsquo;habitants ont plant\u00e9 des framboises, mais cette ann\u00e9e, le prix \u00e9tait bas. Il n&rsquo;est donc pas facile de gagner un centime aujourd&rsquo;hui.\n\n\n\n<Les habitants disent qu'ils avaient l'habitude de recevoir beaucoup de touristes de Lutsk, de Kiev, d'autres villes et d'autres pays. Ils venaient avec des tentes et achetaient divers produits d\u00e9licats aux habitants. Mais c'\u00e9tait avant la guerre. Aujourd'hui, la zone du lac est envahie par la v\u00e9g\u00e9tation et sauvage. Elle est min\u00e9e parce qu'elle se trouve juste \u00e0 la fronti\u00e8re.\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"541\" height=\"642\" src=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/\u0424\u041e\u0422\u041e-8-\u041d\u0430\u0434\u0456\u044f-\u041c\u0430\u0440\u0442\u0438\u043d\u044e\u043a-541x642.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-27675\" srcset=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/\u0424\u041e\u0422\u041e-8-\u041d\u0430\u0434\u0456\u044f-\u041c\u0430\u0440\u0442\u0438\u043d\u044e\u043a-541x642.jpg 541w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/\u0424\u041e\u0422\u041e-8-\u041d\u0430\u0434\u0456\u044f-\u041c\u0430\u0440\u0442\u0438\u043d\u044e\u043a-190x226.jpg 190w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/\u0424\u041e\u0422\u041e-8-\u041d\u0430\u0434\u0456\u044f-\u041c\u0430\u0440\u0442\u0438\u043d\u044e\u043a.jpg 730w\" sizes=\"auto, (max-width: 541px) 100vw, 541px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Nadiya Martyniuk. |Photo tir\u00e9e de ses archives personnelles.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<\/p> <p>Nadiya d\u00e9plore les opportunit\u00e9s perdues de cette ancienne r\u00e9gion touristique ukrainienne : \u00ab\u00a0Le rivage et la route menant au lac Bile sont min\u00e9s. Plus personne ne s&rsquo;y baigne ni n&rsquo;y p\u00eache. Les gardes-fronti\u00e8res s&rsquo;en assurent et refoulent tous ceux qui s&rsquo;y rendent. Le lac a \u00e9t\u00e9 min\u00e9 au tout d\u00e9but de la guerre. Aujourd&rsquo;hui, le lac min\u00e9 est gel\u00e9, la glace tombe sur les mines et elles se d\u00e9clenchent d&rsquo;elles-m\u00eames. Aussi bien la nuit que le jour.\n\n\n\n<\/p> <p>Bien que la plupart des habitants aient peur et \u00e9vitent les zones min\u00e9es, certaines personnes s&rsquo;y rendent malgr\u00e9 l&rsquo;interdiction stricte et les avertissements des militaires et des gardes-fronti\u00e8res.\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0On nous dit de ne pas aller dans la for\u00eat\u00a0\u00bb, explique Nadiya. \u00ab\u00a0Il y a des zones o\u00f9 l&rsquo;on peut et o\u00f9 l&rsquo;on ne peut pas marcher. Les gardes-fronti\u00e8res ne laissent personne traverser. Ils ont des patrouilles, ils se prom\u00e8nent dans la for\u00eat, ils avertissent les gens. Mais bien qu&rsquo;on leur dise qu&rsquo;ils ne peuvent pas y aller, les gens y vont quand m\u00eame. Ils disent que l&rsquo;interdiction les emp\u00eache de gagner de l&rsquo;argent.\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les Bi\u00e9lorusses viendront-ils ? <\/strong><\/h2>\n\n\n\n<\/p> <p>Dans les r\u00e9gions frontali\u00e8res de l&rsquo;Ukraine, les habitants discutent beaucoup de la perspective d&rsquo;une attaque russe depuis la Bi\u00e9lorussie.\n\n\n\n<Au d\u00e9but, beaucoup de gens ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9\", se souvient Nadiya. \"On pensait que les Bi\u00e9lorusses locaux quitteraient la r\u00e9gion. Mais d'un autre c\u00f4t\u00e9, il y a beaucoup d'Ukrainiens qui vivent l\u00e0-bas [de l'autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re]. Je ne pense pas que les Ukrainiens nous attaqueront, mais tout le monde a peur, car qui sait ? Peut-\u00eatre qu'ils le feront, mais pour l'instant, je ne le pense pas. Aujourd'hui, les gens se sont habitu\u00e9s \u00e0 la situation et se sont calm\u00e9s, mais au d\u00e9but, c'\u00e9tait tr\u00e8s effrayant.\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"557\" src=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/\u0424\u041e\u0422\u041e-9-\u0421\u0435\u043b\u043e-\u0412\u0435\u0442\u043b\u0438.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-27692\" srcset=\"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/\u0424\u041e\u0422\u041e-9-\u0421\u0435\u043b\u043e-\u0412\u0435\u0442\u043b\u0438.jpeg 1024w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/\u0424\u041e\u0422\u041e-9-\u0421\u0435\u043b\u043e-\u0412\u0435\u0442\u043b\u0438-360x196.jpeg 360w, https:\/\/archive.displayeurope.eu\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/\u0424\u041e\u0422\u041e-9-\u0421\u0435\u043b\u043e-\u0412\u0435\u0442\u043b\u0438-768x418.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Rue principale de Vetly. |&nbsp;DR<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<\/p> <p>Elle ajoute : \u00ab\u00a0Les gens m&rsquo;ont dit un jour que tous les matins de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, nous pouvions entendre les B\u00e9larussiens faire du bruit dans la r\u00e9gion du lac Bile. Tout le monde ici \u00e9tait effray\u00e9. Personne ne comprenait ce qu&rsquo;\u00e9tait ce bruit. Je ne sais pas s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;exercices militaires ou du travail des fermes collectives. Mais \u00e0 cette \u00e9poque, nous \u00e9tions dans un tel \u00e9tat que nous avions peur de tout bruit fort.\n\n\n\n<Dans les districts du nord de la Volyn, les gens regardent la t\u00e9l\u00e9vision bi\u00e9lorusse et \u00e9coutent la radio depuis des g\u00e9n\u00e9rations. L'\u00c9tat ukrainien n'a pas \u00e9t\u00e9 en mesure d'assurer la diffusion analogique des cha\u00eenes nationales dans ces r\u00e9gions.\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0Non, nous n&rsquo;avons pas la t\u00e9l\u00e9vision bi\u00e9lorusse, mais nous pouvons capter la radio\u00a0\u00bb, explique Nadiya Martyniuk.\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Ukrainiens vivant de part et d&rsquo;autre de la fronti\u00e8re<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<Apr\u00e8s&nbsp;<a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/category\/archipelago-ussr\/\">l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique<\/a>&nbsp;et le d\u00e9clin des fermes collectives, de nombreux villageois de Vetly sont partis travailler en Bi\u00e9lorussie et ne sont jamais revenus. Ils y ont fond\u00e9 des familles et se sont install\u00e9s. Par cons\u00e9quent, les habitants ont de nombreux parents de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re.\n\n\n\n<Aujourd'hui encore, certaines personnes restent en contact avec leurs proches qui vivent l\u00e0-bas\", explique Nadiya. \"C'est ainsi que la vie s'est d\u00e9roul\u00e9e. Nous avions l'habitude de leur rendre visite souvent, et maintenant nous voulons leur parler \u00e0 nouveau. Mais aujourd'hui, ils ne laissent entrer personne, la fronti\u00e8re est ferm\u00e9e. Les gens disent que leurs parents bi\u00e9lorusses ont peur de parler de la guerre, et que lorsqu'ils commencent \u00e0 en parler, quelque chose se passe au niveau de la connexion. Qui sait, ils sont peut-\u00eatre sur \u00e9coute l\u00e0-bas. C'est pourquoi tout le monde essaie de ne parler que de la famille et des enfants.\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0En traversant la for\u00eat, il y a environ 7 kilom\u00e8tres jusqu&rsquo;\u00e0 la Bi\u00e9lorussie. Nous avions l&rsquo;habitude de sortir dans le jardin et d&rsquo;appeler nos parents du Belarus, parce qu&rsquo;\u00e0 certains endroits, nous pouvions capter leur r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9phonie mobile. Aujourd&rsquo;hui encore, dans certains endroits, nous recevons des SMS disant \u00ab\u00a0Bienvenue au Belarus\u00a0\u00bb. Et lorsque nous rentrons chez nous, nous recevons d&rsquo;autres messages : Bienvenue en Ukraine\u00a0\u00bb. C&rsquo;est ainsi que nous vivons maintenant\u00a0\u00bb. Les habitants plaisantent en disant qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une forme de propagande.\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une vie sans projet d&rsquo;avenir<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<Les villageois affirment que leur vie a chang\u00e9 \u00e0 jamais. Elle ne sera plus jamais la m\u00eame.\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0Nous avions l&rsquo;habitude de vivre en paix\u00a0\u00bb, dit Nadiya Martyniuk. \u00ab\u00a0Mais aujourd&rsquo;hui, m\u00eame les gens ont chang\u00e9. Tout le monde est diff\u00e9rent. Plus personne ne planifie quoi que ce soit \u00e0 l&rsquo;avance. Un jour de plus passe et c&rsquo;est \u00ab\u00a0Dieu merci !\u00a0\u00bb. En temps de paix, tout le monde avait des projets. Quand on nous a dit qu&rsquo;il y aurait une guerre, nous nous sommes demand\u00e9 qui allait attaquer. Personne ne sait si les Bi\u00e9lorusses vont attaquer. Personne n&rsquo;y croit, mais quand m\u00eame&#8230;\u00a0\u00bb<\/p> <p style=\"text-align : justify ;\">\n\n\n\n<Valentyna Petrivna Andreeva, une autre habitante du village de Vetly, partage cet avis. Elle dit que les gens ont encore peur et que beaucoup d'hommes du village sont partis se battre au front. C'est pourquoi tout ce que les gens veulent, c'est la paix.\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0Toute ma vie a chang\u00e9\u00a0\u00bb, dit ce retrait\u00e9. \u00ab\u00a0Avant, les gens \u00e9taient joyeux, mais maintenant nous vivons dans la peur et c&rsquo;est tout. C&rsquo;est tellement effrayant. Les jeunes avaient l&rsquo;habitude de construire des choses, de faire des tas de plans, mais maintenant personne ne construit plus rien. La vie a compl\u00e8tement chang\u00e9. Notre village avait l&rsquo;habitude d&rsquo;aller de l&rsquo;avant. Les jeunes se mariaient et commen\u00e7aient imm\u00e9diatement \u00e0 construire une maison. Les hommes partaient travailler quelque part.\n\n\n\n<\/p> <p>\u00ab\u00a0J&rsquo;avais l&rsquo;habitude de t\u00e9l\u00e9phoner souvent \u00e0 mes parents en Bi\u00e9lorussie, nous leur rendions souvent visite\u00a0\u00bb, explique Valentyna Petrivna. \u00ab\u00a0Mais maintenant, ce n&rsquo;est plus le cas. Ils n&rsquo;appellent pas et nous non plus. Au d\u00e9but, ils ne croyaient pas que la guerre avait commenc\u00e9, mais maintenant ils ne veulent plus parler du tout. Nous n&rsquo;appelons pas et nous n&rsquo;\u00e9crivons pas. C&rsquo;est comme \u00e7a\u00a0\u00bb.\n\n\n\n<p>&#8211; <a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/guest_author\/lilia-vorobyova\/\">Lilia Vorobyova<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;<a href=\"https:\/\/voxeurop.eu\/en\/source\/volyn-news-service\/\">Volyn News Service (Lutsk)<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les habitants de Vetly, un village de la r\u00e9gion ukrainienne de Volyn, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re bi\u00e9lorusse, vivent sous la menace constante de la Russie. Avec des for\u00eats min\u00e9es et des restrictions militaires strictes, leur vie a radicalement chang\u00e9, affectant leurs moyens de subsistance et leurs relations.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":31728,"parent":0,"template":"","tags":[],"displeu_category":[],"class_list":["post-31853","article","type-article","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article\/31853","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/article"}],"about":[{"href":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/article"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/31728"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31853"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31853"},{"taxonomy":"displeu_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archive.displayeurope.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/displeu_category?post=31853"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}