Un coup de pouce européen pour la liberté de la presse
Cette tendance est confirmée par les derniers rapports de RSF montrant une « érosion » de la liberté de la presse en Europe, avec de grandes disparités entre les pays, principalement en raison de la violence et des mesures répressives visant à entraver le travail des journalistes.
La liberté de la presse est un droit fondamental de l’homme, un droit fondamental de l’humanité.
Cela se reflète dans une opinion publique polarisée  ;(bien que pas aussi polarisée que nous pourrions le craindre, notes Caroline de Gruyter in EUobserver), dont une partie a sombré dans une hostilité sans précédent lors de la pandémie de Covid-19. Assimilés aux élites honnies par les populistes, les médias font également partie des cibles privilégiées des autocrates. Les journalistes d’investigation, quant à eux, sont soumis à gag orders  ;(procédures SLAPP) destinées à les intimider, comme l’expliquent les avocats Francesca Carrington et Justin Borg-Barthet dans The Conversation.
En retard sur les autres institutions internationales, et à l’instar du Conseil de l’Europe, l’UE s’est engagée depuis maintenant plusieurs années à défendre la liberté de la presse (qui se trouve être l’une des missions du Conseil). Elle le fait à travers un soutien financier des projets médias (comme le European Data Journalism Network, dont Voxeurop est membre) et la régulation du secteur. Nous pouvons la remercier pour une directive contre les poursuites-bâillons, et plus récemment la Media Freedom Act(MFA), conçue pour renforcer l’indépendance éditoriale des salles de rédaction, éviter les interférences politiques et économiques, et limiter les risques découlant de la concentration des médias.
Media Freedom Act (MFA), conçu pour renforcer l’indépendance éditoriale des salles de rédaction, éviter les interférences politiques et économiques, et limiter les risques découlant de la concentration des médias.
approuvée par ces derniers à la fin du mois de novembre 2023 est considérée comme « considérablement édulcorée » et manque « l’objectif initial de la législation : protéger les journalistes et le droit à l’information dans l’Union européenne », selon plusieurs organisations européennes de défense des journalistes.
En ce qui concerne l’AMF, le 15 décembre, les Etats membres et le Parlement européen sont parvenus à un accord sur le texte final. Considéré comme « prometteur » par RSF, il est le résultat d’un long bras de fer dans lequel les organisations de défense de la liberté de la presse ont joué un rôle clé, face à des gouvernements peu enclins à renoncer à leurs prérogatives. Disclose, Investigate Europe et Follow the Money ont revealed la volonté de nombreux pays, dont France, Hongrie, Italie, Finlande, Grèce, Chypre, Malte et Suède, de « torpiller » le MAE en « faisant activement campagne pour autoriser la surveillance des journalistes, au nom de la ‘sécurité nationale' », ce qui ne fait que confirmer l’importance du journalisme d’investigation.
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