Poutine, Orbán, Assange : Le laid, le mauvais et le bon
La laideur
La nouvelle du décès de Vladimir Poutine, le principal opposant, Alexei Navalny, a fait l’effet d’une bombe. D’autant plus qu’elle est arrivée en plein milieu de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui réunit chaque année l’aristocratie de la politique de sécurité internationale pour discuter des questions les plus pressantes en matière de sécurité mondiale.
Pour la première fois, la conférence de Munich sur la sécurité s’est déroulée en présence d’un représentant de l’Union européenne.
Alors que la presse occidentale a été clairement choquée par la disparition d’un homme qui était considéré comme la seule alternative crédible à Vladimir Poutine, la mort de Navalny a été pratiquement ignorée par la presse russe traditionnelle, comme l’a montré l’excellent correspondant à Moscou de la BBC;Steve Rosenberg notes.
Vu d’Ukraine, la mort d’Alexei Navalny prend un ton différent, comme le montre Paulina Siegień notes dans Krytyka Polityczna : « il ne faisait pas partie de ceux que les Ukrainiens considèrent comme un allié dans leur lutte », notamment en raison de sa condamnation tardive de l’occupation de la Crimée et de l’invasion russe. « Les Ukrainiens ont tout à fait le droit de critiquer le caractère et les activités de M. Navalny, ainsi que les organisations qui lui sont liées. Ils ont également le droit d’en vouloir à l’opposition russe de ne pas les soutenir suffisamment […], ou la plupart d’entre eux n’ont tout simplement pas envie d’avoir une quelconque relation avec les Russes, quelles que soient leurs opinions », écrit-elle.
Pour l’instant, les Ukrainiens n’ont pas le droit de critiquer Navalny.
Les mauvais
Est-ce le coup de grâce pour le gouvernement « illibéral » de Viktor Orbán en Hongrie ? Des manifestations dans plusieurs villes hongroises suite à la démission de la présidente de la République, Katalin Novák, et de l’ancienne ministre de la Justice, Judit Varga, après les révélations faites par le média indépendant 444.hu au sujet de la décision de Katalin Novák de gracier un homme condamné pour avoir couvert une affaire d’abus sexuels sur des enfants, pourrait le laisser penser. Dans Visegrad Insight, Iván László Nagy reconstruit la séquence d’événements qui a conduit à « l’une des semaines les plus turbulentes de la politique hongroise moderne », et souligne que c’est la deuxième fois qu’un chef d’État soutenu par Orbán a dû démissionner, le premier étant Pál Schmitt en 2012, à la suite d’une affaire de plagiat. Pour leur part, Szabolcs Panyi  ;(Direkt 36) et Sarkadi Zsolt  ;(Telex) tell VSquare sur le rôle crucial joué par le chef de l’Église réformée hongroise, Zoltán Balog, proche de Katalin Novák et ancien ministre d’Orbán, dans l’octroi de la grâce présidentielle. Enfin, dans HVG, Istvan Mudra Márton traces  ;l’histoire de l’affaire de pédophilie à l’origine du scandale, qui a duré 13 ans, et dans laquelle « l’ingérence politique brutale avec laquelle Viktor Orbán tente de garder la main ne peut pas complètement empêcher les pièces du puzzle de s’emboîter ».
Les bonnes choses
Est-ce que Julian Assange sera extradé vers les États-Unis, où il risque jusqu’à 175 ans de prison ? La Haute Cour britannique devra statuer sur son recours contre la demande d’extradition de Washington, qui vise à faire juger le cofondateur de WikiLeaks pour espionnage, pour avoir publié plus de 250 000 documents militaires et diplomatiques confidentiels en 2010.
La prison de Belmarsh (Londres), où il est détenu depuis 2019, est un lieu de détention privilégié.
Traduit par Ciarán Lawless
Traduit par Ciarán Lawless
