Histoire des femmes
L’archiviste m’a dit que j’étais la première personne à les avoir demandés.
Mais comment donner un sens à ces pensées ? En quoi étaient-elles importantes ? Quelle histoire racontent-elles ?
» Le monde féminin de l’amour et du rituel » a ouvert une porte, je l’ai franchie et je n’ai jamais fait marche arrière, même si je n’ai décidé de m’inscrire à des études supérieures en histoire que cinq ans plus tard. Je suis devenue écrivain.
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Femmes jouant une partie de blind man’s bluff, dessinée en 1803. Photo via CrossMyT.com, Domaine public, via Wikimedia Commons. Les archives ont compté : il en a été de même pour la démonstration que l’histoire des femmes méritait et exigeait une analyse historique aussi rigoureuse que la vie des présidents, des hommes d’affaires et des dirigeants syndicaux. Ceci, à son tour, exigeait le type d’attention méthodologique dont « Le monde féminin de l’amour et du rituel » a fait preuve. Avant 1975, le travail du féminisme en histoire – souvent effectué dans un contexte de sensibilisation et greffé sur les premiers cours d’études féminines – a permis de découvrir et de préserver un passé féminin « perdu », en le lisant à travers un présent féministe. Une grande partie de ce travail a consisté à démystifier les mythes misogynes sur les femmes qui hantaient le présent : les sorcières, le complexe Madonna-pute ou Mammy-Jezebel, les croyances religieuses ou raciales qui stigmatisaient les femmes, ou les préjugés de Marx et de Freud. Aussi productives qu’aient pu être ces enquêtes pour alimenter l’action politique, elles étaient souvent présentistes, spéculatives et non fondées sur des preuves.
La réussite de ce défi est la raison pour laquelle beaucoup d’entre nous, y compris moi, faisons ce travail aujourd’hui.

